Vendredi 15 juillet 2011
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Le 16 juillet 2011, vers 3 heures du matin, je prendrai le départ avec Nicolas Daubanes de la 14ème étape du Tour de France,
Saint-Gaudens > Plateau de Beille.
La Chapelle Saint-Jacques de Saint-Gaudens produit cette performance et prête son nom pour la création du maillot et de la voiture
suiveuse d'une équipe cycliste.
Sur les Routes du Tour :
http://nicolasdaubanes.com/spip.php?article26
Ayant pratiqué le cyclisme en compétition, les parcours prédéfinis des courses cyclistes me frustraient, je voulais voir ailleurs
avec mon vélo.
Non mais, tu te rends compte, une foule t’attend là-bas avec micros et caméras télé, ce sera le délire, la gloire et le fric à
la pelle ! Non mais, tu te rends compte de ce que tu vas rater en t’obstinant sur cette route imbécile ... d’autant que tu vas y laisser ta peau !” [...]
C’était devant Cape Town, où j’ai catapulté sur la passerelle d’un pétrolier ce bref message au Sunday Times : “ Je
continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et, peut-être aussi pour sauver mon âme .
Bernard Moitessier, Tamata et l’Alliance, Mémoires, éditions Arthaud, 1993
J’ai décidé de m’échapper en Ecosse en 2005. Ayant eu un père marin, j’ai longé les côtes des mers et lacs.
Le vélo est mon outil pour (re)découvrir et documenter des paysages aperçus auparavant. Il me permet, en pédalant de faire défiler
les paysages devant mes yeux, ou de m’arrêter quand bon me semble.
La fatigue ainsi que les conditions atmosphériques influencent ma manière d’appréhender un paysage.
Physiquement ‘entamé’, je parcours du regard le paysage et me précipite vers ma destination pour prendre des photos et
dessiner.
Ce va et vient entre flux d’images vues et pauses ressemble à ce que l’on appelle dans le jargon cycliste, le fractionné, rythme
composé de séquences d’effort et de séquences de pause/récupération.
Mes souvenirs ne sont pas forcément des documents réalisés dans les meilleures conditions mais représentent un moment et une
vision ressentie. Mes notes de voyages ne sont pas imaginaires, j’ai besoin de ‘vivre’ physiquement le paysage.
‘Vivre le paysage’ est une façon pour moi de se taire, regarder et ressentir.
Mes impressions sur le vif sont des photos, des dessins et prises de notes.
En voyageant, les découvertes et incidents de parcours alimentent mes notes de voyages.
En accompagnant Nicolas sur mon vélo de voyage, je ne chercherais pas à finir dans les délais et rallier l’arrivée. Je serai
équipé de mon appareil photo ainsi que de mon carnet à dessins.
A Tarascon sur Ariège, nos routes se sépareront, je bifurquerai en direction du château de Puivert, aperçu pour la première fois
dans un film.
J’y suis allé une première fois en février 2009, alors qu’il neigeait. Cette fois-ci, je l’observerai en fin de journée, au
crépuscule.